La Suisse toujours très réticente aux autotests

La FRC (Fédération romande des consommateurs) a réalisé en partenariat avec l’OFSP (Office fédéral de la santé publique suisse) un comparatif des tests vendus illégalement sur internet. Ce type de comparatif a déjà été réalisé par le passé et a chaque fois dénoncé ces arnaques en ligne, comme en témoigne l’édition du 1er décembre 2011 de 24 Heures, dans laquelle le Dr Cavassini , médecin au CHUV de Lausanne, mettait en garde contre leur utilisation.

A l’heure où la France, sur le conseil de ses sages, va mettre en place un dispositif d’autotest VIH de qualité, six mois après la commercialisation du premier autotest aux USA, l’OFSP se montre encore très réticent à une réflexion de fond sur l’introduction de cette technique dans la palette « officielle » du dépistage en Suisse. Continuer la lecture

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(France) VIH: Marisol Touraine favorable aux autotests

(My Pharma Editions) Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales et de la Santé, a donné son feu vert vendredi aux autotests de dépistage du VIH, selon les informations recueillies par Europe 1. Dans un communiqué, la ministre indique qu’elle poursuivait la procédure d’évaluation concernant leur mise à disposition sur le marché français.

Compte tenu des recommandations formulées par le Conseil national du Sida (CNS) et du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) en matière de précaution d’utilisation et d’interprétation des résultats, la Ministre a décidé de saisir l’Agence Nationale de Sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) pour avis sur l’accompagnement des utilisateurs, ainsi que la Haute Autorité de Santé (HAS) pour savoir comment ces autotests pourraient s’intégrer dans la stratégie globale de prévention et de dépistage du VIH.

La Ministre indique que « certaines conditions préalables seraient nécessaires à la mise à disposition sur le marché français » : la conformité des autotests au règlement européen, c’est-à-dire un marquage « CE », la mise en place d’un dispositif spécifique d’information et d’accompagnement des utilisateurs, dans la mesure où les résultats des autotests doivent être confirmés par un test sanguin classique.

Marisol Touraine rappelle qu’il ne « s’agirait en aucun cas de substituer les autotests aux traditionnels dépistages par voie sanguine – notamment effectués dans les centres de dépistage anonymes et gratuits (CDAG)- ni aux tests rapides d’orientation diagnostique (TROD). Les auto-tests ne peuvent constituer qu’un outil de plus pour favoriser le dépistage ».

Dans un avis rendu public le 22 mars 2013, le Conseil national du sida a donné un avis favorable concernant la mise à la disposition du public des autotests de dépistage du VIH (virus de l’immunodéficience humaine).

Selon le Conseil, les autotests offrent désormais une spécificité satisfaisante et leur usage, pour l’autotest salivaire, peut être envisagé sans intervention extérieure. Toutefois, le Conseil considère notamment que les conditions d’accès et d’usage doivent être impérativement adaptées aux besoins des personnes (ventre libre en pharmacies, parapharmacies et sur internet, mise à disposition pour les populations fortement exposées, documents fournis avec l’autotest, services d’assistance à distance…). Pour sa part, le Comité consultatif national d’éthique préconise en vue de la commercialisation de ces autotests, la mise en place d’une série de précautions visant à éviter en particulier tout risque d’interprétation erronée.

En 2011, 6 100 personnes ont découvert leur séropositivité en France. Il y aurait par ailleurs environ 30 000 personnes infectés par le VIH sans le savoir

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Réaction de WARNING à l’avis favorable de la ministre française de la santé

La ministre dit oui aux autotests du VIH. Warning fait 5 propositions pour une mise en place rapide et efficace

(Communiqué de presse du 5 avril 2013 – Association WARNING-

Warning demande depuis 2008 la légalisation des autotests du VIH [1]. En mars 2012, notre association a ouvert le seul site internet exhaustif en France d’information sur les autotests. Warning a interpelé madame la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, lors de la Conférence mondiale sur le VIH à Washington en juillet dernier [2]. La ministre avait saisi alors le Conseil National du Sida (CNS) et le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) « sur les problèmes posés par la commercialisation d’autotest de dépistage de l’infection à VIH ». Nous avons salué les travaux du CNS et CCNE qui ont éclairé la décision de la ministre, rendue publique ce jour, de légaliser l’usage des autotests du VIH en France.

Nous nous félicitons de l’avis favorable de la Madame la ministre,  qui va approfondir le travail entrepris avec le dernier programme national de lutte contre le VIH et les IST, de rénovation de l’offre de dépistage et surtout de la prise en compte des besoins des personnes les plus exposées au VIH et des freins à l’accès aux dépistages actuels.

Warning tient à rappeler 5 points importants quant à la mise en place des autotests :

1- Permettre un accès le plus large possible pour tous, incluant les individus les plus vulnérables et les plus isolés. L’autotest VIH doit être disponible dans les pharmacies, sur internet, les distributeurs automatiques, et gratuitement dans les CDAG-CIDDIST, les associations de lutte contre le sida et celles de santé communautaire, les plannings familiaux, le SNEG et ses adhérents, lors de distributions à l’occasion d’événements comme les Marches des fiertés LGBT, etc. L’autotest VIH doit pouvoir aussi être disponible sur prescription.

2- Créer les conditions de la concurrence, autoriser les autotests avec prélèvement sanguin et salivaire, pour un coût grand public raisonnable pour le marché français, moins de 10 Euros, et aussi favoriser l’innovation.

3- Proposer un autotest VIH remboursé dans certains cas, par exemple une fois par an.

4- Promouvoir des offres diversifiées d’écoute et d’accompagnement à distance (téléphonique, en ligne) tant par des acteurs associatifs que les fabricants de tests eux-mêmes.

5- - Anticiper l’après mise sur le marché des autotests VIH et déjà prévoir l’auto-dépistage d’autres infections sexuellement transmissibles et des hépatites virales.

 

Enfin, Warning est convaincu que la légalisation des autotests du VIH va permettre à chacun d’être acteur de sa santé et de la lutte conte le sida. Ce changement fort dans l’offre de dépistage va aussi contribuer à banaliser l’acte de dépistage et ainsi lutter contre la peur de connaître son statut sérologique. Nous demandons à Madame la ministre de lancer une grande  campagne nationale à même de contrer la peur de la séropositivité et la sérophobie, freins majeurs au dépistage. Cette campagne devra donc insister sur la réalité du vécu de la séropositivité en 2013. En effet, dépistée au VIH, toute personne peut bénéficier d’un suivi médical adéquat et si besoin d’un traitement qui permet de ne plus transmettre le virus et de vivre une vie normale.

 

Warning est une association en santé communautaire présente en France, en Belgique et au Québec. Lancé fin 2003, Warning élabore de nouvelles pistes de réflexion sur le rapport des hommes gais à leur santé corporelle et mentale et qui prennent en compte les transformations des modes de vie LGBT dans les sociétés occidentales.

[1] http://www.thewarning.info/spip.php?article261

[2] http://www.thewarning.info/spip.php?article354

 

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Canada, étude sur l’autotest

Une équipe de l’Université Mc Gil a analysé 21 études concernant l’autotest VIH. Cette revue d’études réaffirme la haute acceptabilité de l’autotest, la préférence de l’autotest au dépistage classique en centre, facilite le dépistage des partenaires, etc.

Les auteurs concluent que l’autotest VIH est une alternative aux autres offres de dépistage pour les personnes qui désirent plus d’intimité. Selon eux, l’autotest devrait augmenter le nombre de personnes qui vont se dépister et donc le nombre de personnes séropositives qui entreront dans les soins. Les auteurs estiment que des études doivent être conduites pour observer le recours aux structures de soins après la découverte d’un résultat positif.

« Trente ans après le début de l’épidémie de VIH, il n’y a toujours aucun vaccin en vue. L’efficacité du traitement en tant que stratégie de prévention a été prouvée, mais la mise en place du dépistage du VIH semble être limitée par la stigmatisation et la discrimination autour du VIH. » — Dre Nitika Pant Pai de l’Université Mc Gil (lu sur Radio Canada)

Lire l’intégralité de l’étude de Mc Gil publié sur PLOS

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Avis du Comité consultatif national d’éthique. Et de deux !

Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu le 21 février 2013 son avis sur les problèmes éthiques posés par la commercialisation d’autotests du VIH en France. Cet avis n’est pas le premier et donc actualise la position du CCNE sur ce sujet. Ce nouvel avis rompt avec les précédents (les précédents avis étaient défavorables à l’introduction des autotests du VIH) reconnaissant l’intérêt que peuvent représenter ces autotests et surtout le changement de contexte. Un peu de lecture, voici un extrait choisi des conclusions de cet avis, résolument centré sur les préoccupations éthiques que soulève la thématique : Continuer la lecture

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